"Ce qui me passionne c'est le contact avec les animaux, mais aussi de savoir qu'on me fait confiance pour leur apporter du bien-être." Cela fait un an, presque jour pour jour, que Salomé Espelly sillonne le Gard et le pays d'Arles pour soigner les animaux en tant qu'ostéopathe animalière. La demoiselle d'honneur de la Reine d'Arles, âgée de 23 ans, est une passionnée de chevaux et de taureaux depuis son plus jeune âge.
Ce jour-là, c'est au milieu de la Camargue, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, que la séance commence pour les pensionnaires de la promenade à cheval La Fadaise. Avant le début de saison le 15 février, les gérantes Junie Chomprey et Johanna Petrogniani font un petit check-up des 18 chevaux par lot de six.
Ce vendredi-là, ils étaient six à passer sous les mains expertes de l'Arlésienne. Basile, 14 ans, est le premier cheval à débuter sa séance. Un ancien cheval de particulier, doux comme un agneau, dont les coups de langue démontrent qu'il semble disposé aux manipulations de la jeune femme.
"On teste chaque articulation, chaque vertèbre de l'animal"
"On commence par la dynamique pour avoir un aperçu de l'animal et déterminer les premières zones d'appel en ostéopathie et une idée des mouvements à tester", explique Salomé. "La queue dévie un peu à gauche", remarque la jeune ostéopathe. En pratique, cela consiste à faire marcher l'animal pour avoir une vision d'ensemble des problématiques à traiter.
C'est Thaïs, la stagiaire, qui débutera la palpation sur le cheval afin de trouver des zones sensibles, chaudes ou tendues. "Le problème est aussi respiratoire, il racle un peu à l'effort", confie la propriétaire du cheval. "On vient tester chaque articulation, chaque vertèbre, on détend le cheval car on voit que les tensions le gênent à l'encolure", précise Salomé.
Pour Basile, pas de gros problèmes, "mais les lombaires sont gênantes et le sternum est contracté". Salomé ne craint pas de mettre ses mains dans sa bouche, zone importante pour les chevaux qui portent un mors, afin de "mobiliser les ATM, c'est-à-dire les articulations temporo-mandibulaires".
"La nuque impacte ses antérieurs et le sternum qui gêne sa respiration. Une lombaire problématique a également impacté le rein et le sacrum", analyse Salomé Espelly, qui rappelle combien "le principe de l'ostéopathie est la globalité". La jeune femme ne craint pas de manipuler avec vigueur les postérieurs du cheval ou d'être soulevée par le cheval en appuyant sur son museau pour "normaliser le diaphragme".
Pour autant, pas de grave accident pour l'ostéopathe. "J'ai eu un coup de pied dans la cuisse, mais il y a des positions de sécurité en étant proche du cheval pour ne recevoir dans le pire des cas que des coups en début de mouvement. Si j'ai eu quelques morsures, c'est au même titre qu'un cavalier", tient à rassurer la jeune femme.