Sur le Vieux-Port de Marseille, l'aïoli géant met tout le monde d'accord
Tout le monde aura-t-il droit à sa part ? "Rentrez, rentrez, ça part vite", invitent les agents de sécurité régulant la foule qui s'est accumulée sur la place Bargemon, à Marseille (2e) ce samedi midi. Profitant d'une accalmie en ce week-end tempétueux, plus de 1 700 personnes ont profité du tout dernier banquet en plein air du festival Mars à table. Pour honorer la cuisine locale, c'est autour d'un aïoli 100 % confectionné avec des produits marseillais (le loup vient du Frioul et les légumes de maraîchers locaux) par le restaurant La Mercerie que se sont attablés les convives affamés.
"Un bon aïoli c'est quoi après tout ? Des bons produits ? On ne va pas se mentir, il faut que le poisson soit bon, c'est sûr, mais il faut surtout que la sauce soit bien relevée", philosophe Benoît, néo marseillais installé à l'Estaque. Un aïoli géant de la sorte avait bien eu lieu il y a deux semaines à côté de chez lui, mais les 500 barquettes s'étaient envolées en moins d'une heure. La semaine d'après, 1 000 personnes s'étaient réunies à la Pointe-Rouge pour le deuxième banquet.
Pour la dernière, les organisateurs avaient vu grand, avec 700 portions d'aïoli (à 12 euros), 100 kilos de frites, 300 portions de sardines et 1500 huîtres. "C'est une chance incroyable pour nous de partager notre cuisine, notre savoir faire, et ce beau plat avec autant de monde. On avait peur que le vent et la pluie fassent fuir tout le monde", sourit Harry Cummins, le chef de la Mercerie.
Mars à table de retour en 2026
Cellia a d'ailleurs pris les quelques rayons de soleil comme un signe pour venir y célébrer son anniversaire entre amis. "C'est comme si le banquet était fait pour moi", sourit la jeune femme de 39 ans. Elle attend de se faire servir par ses copines en lorgnant sur les huîtres fraîches qu'elle a réussi à avoir pour 15 euros. "Du gras, du sel, ça met tout le monde d'accord. Et c'est ouvert à tous, on a pas a galérer à trouver un restaurant qui soit aussi adapté aux enfants. C'est super de pouvoir vivre ça en plein centre-ville", se réjouit Cellia.
Et ce n'est pas Nicole et sa bande qui vont l'a contredire. Après une matinée à galoper entre le Panier et le Mucem, la meneuse du groupe a flashé sur l'affiche du festival. "J'a-do-re l'aïoli, c'est tellement typique", insiste la Parisienne, ravie de faire découvrir à ses amies. "On ne pensait pas être si bien accueillie à Marseille", pique Gersande, qui vient de Montpellier. À observer ce brassage de population, fait de familles à poussettes, de jeunes branchés au look soigné, de touristes en Kway, on se dit qu'il n'y a bien que l'aïoli pour mettre tout le monde d'accord.
Le festival Mars à table reviendra d'ailleurs l'année prochaine, au mois de mars.