Depuis 1984, l'Embrunman fait vibrer les Hautes-Alpes et le monde du triathlon. Avec son parcours hors normes, son col de l'Izoard mythique, il s'est forgé une réputation redoutée. Retour sur cinq dates qui ont marqué l'histoire de "l'épreuve des épreuves".
1984 : naissance d'un mythe
"On m'a proposé l'idée, j'ai foncé." En 1984, Gérald Iacono veut mettre Embrun sur la carte. Le plan d'eau, les cols, les routes de montagne : le terrain de jeu est parfait. "On voulait une course qui marque les corps et les têtes."Tout se fait à la main : inscriptions par courrier, chèques, mandats, quelques bénévoles. Pas de sponsors internationaux, mais de la volonté. Déjà, le parcours est redoutable : natation à l'aube, vélo sur les routes alpines, marathon final au crépuscule. "Chez nous, on encourage du premier au dernier. C'est ça, l'Embrunman."1987 : l'Izoard entre en scène
Trois ans plus tard, l'épreuve prend une dimension unique avec l'arrivée du col de l'Izoard. "L'Izoard, c'est notre sommet, notre marque de fabrique." À 2 360 mètres, la vue est splendide... et la pente impitoyable. "C'est magique, mais ça te broie les jambes." La Casse Déserte devient le passage mythique de la course. "Certains m'ont dit : 'Vous êtes fous de mettre ça dans un triathlon.' C'est exactement ce qu'on voulait."1992 : mode Europe
Cette année-là, la petite ville accueille le championnat d'Europe longue distance et une manche de Coupe du monde courte distance. "On se retrouvait sur le même circuit que Rio, Pékin, Sydney... et au milieu, Embrun !" Toute la ville se mobilise, l'édition est relevée. "Les pros nous disaient : 'Votre course est magnifique... mais encore plus dure que ce qu'on imaginait.'"2020 : l'année blanche due au Covid
Tout est prêt malgré la pandémie, quand l'ARS interdit la course dix jours avant le départ. "Financièrement, c'était un cauchemar... moralement, un coup de massue."Pour Iacono, le choc est rude. "Quand on t'empêche de lancer la course après un an de travail, c'est comme si on t'arrachait quelque chose." Mais la passion reste intacte : "Ce genre d'épreuve, ça te renforce ou ça te tue. Nous, ça nous a renforcés."2025 : rester "unique"
Aujourd'hui, l'Embrunman traverse 24 communes et mobilise 1 500 bénévoles. "C'est 2 000 heures de travail par an. Pas juste une course : une mécanique de précision."