Son nom figure sur une liste guère flatteuse. Celle des éphémères Olympiens, dont le baluchon, bien que posé en Provence, n'a pu être dénoué. Faute de temps, six petits mois à l'ombre de la Bonne Mère et de l'hyperactif Longoria. Pourtant, aux côtés des Cédric Bakambu, Ruslan Malinovskyi, Renan Lodi, Lilian Brassier et Elye Wahi, l'autre Luis Suarez s'est mué en exception. Si ses prédécesseurs et successeurs, malgré de juteux contrats dénichés en Arabie saoudite ou Turquie, portent les stigmates de leur échec provençal, le Colombien, lui, a parfaitement rebondi.
Une éclosion tardive (27 ans) sur laquelle personne n'aurait misé à Marseille, où son nom, partagé avec une légende, subsiste uniquement à travers l'anecdote. Après l'OM, le natif de Santa Marta s'est enfin forgé le sien à Almeria. En Andalousie, Luis Suarez était caressé par le soleil de LaLiga2, antichambre de l'élite espagnole, mais ses lignes de stats ont affolé l'Europe. 31 buts, 8 passes décisives en 43 apparitions, Copa del rey incluse. Largement assez pour convaincre le Sporting de casser cet été sa tirelire (22M) (https://www.laprovence.com/article/om/1968868766347315/om-la-vie-des-ex-luis-suarez-vers-le-sporting-portugal), désireux d'en faire le successeur de l'immense Viktor Gyökeres (97 buts en 102 matches à Lisbonne), parti à Arsenal.
Sur les rives du Tage, l'ex-Olympien n'a pas perdu ses (récentes) bonnes habitudes. Meilleur artificier du championnat portugais (6 réalisations en 8 journées), un compteur ouvert en C1 (contre Naples) et un quadruplé inscrit en sélection (https://www.laprovence.com/article/om/1986585856724314/om-la-vie-des-ex-luis-suarez-auteur-dun-quadruple-avec-la-colombie), début septembre (face au Venezuela). Rien que ça. Annoncé titulaire ce soir, à la pointe de l'attaque des Lions, il sera le principal danger pour Aguerd et sa bande. Une attraction aussi, pour tous ceux qui l'ont fugacement croisé à l'OM.
Avant d'y atterrir fin juillet 2022, Pablo Longoria, qui l'a découvert quand il n'avait que 15 ans et défendait les couleurs du CD Cyclones au "Torneo Las Americas" de Cali, avait déjà tenté sa chance en 2020. En marge du dossier Darwin Nunez, le futur président songeait au Colombien pour renforcer les rangs d'André Villas-Boas. In fine, il garnira brièvement ceux d'Igor Tudor, jusqu'en janvier 2023. L'OM, qui venait de verser 10M à Grenade, voyait alors en lui "l'un des meilleurs joueurs de profondeur" en activité sur le Vieux continent. Un transfert surprise et une coquette somme (https://www.laprovence.com/actu/en-direct/6844663/mercato-luis-suarez-sixieme-renfort-estival-de-lom.html) pour un inconnu au bataillon. Certains avançaient que le club, via un coup de billard à trois bandes, réglait (en partie) son litige avec Watford, né du recrutement libre de Pape Gueye. (https://www.laprovence.com/article/om/116737786503716/affaire-gueye-le-tribunal-arbitral-du-sport-blanchit-lom-mais-suspend-le-joueur-quatre-mois) "C'est faux, martèle un proche du dossier. De toute façon, la famille Pozzo (propriétaire des Hornets et de l'Udinese) avait déjà vendu Grenade (au groupe chinois Desport en 2016)."