Père Bernard Heudré: Où est-ce que je mets les pieds ?
Sans doute, un jour, quelqu’un vous a fait cette remarque : « Mais fais donc attention où tu mets les pieds ! » Pour bien suivre sa route et, en élargissant, pour bien construire sa vie, il importe de savoir où l’on met les pieds.
En ce sens, comme en tout, Jésus est un maître et un modèle. Tout au long des Evangiles, nous le voyons choisir sa route avec détermination, ce qui ne l’empêche pas de changer de chemin si on vient le demander pour le service d’un être humain.
Mais Jésus, de par son humanité, a eu à faire le choix fondamental, le choix entre le bien et le mal. C’est ce que nous révèle le récit de la tentation au désert. Comme nous, il a été conduit par Satan au bord du précipice. La scène se passe au désert, lieu ambigu comme toute réalité humaine.
Il y rencontre Satan qui n’est pas une idée comme certains voudraient nous le faire admettre. Il y a encore beaucoup de personnes à dire qu’ils croient en Dieu, mais peu le servent. A l’inverse, il n’y a pas grand monde pour confesser que Satan existe, mais il a des bataillons de serviteurs.
Se laisser empoigner par Satan, c’est souvent approcher de ces « bêtes sauvages » dont parle l’évangile. La barbarie se déploie plus que jamais. Mais refuser Satan, c’est accepter d’être servis par les anges, ces êtres qui ne sont que lumière et vérité.
Aller au désert, c’est donc vivre lucidement l’expérience de Jésus, celle de l’épreuve de la tentation à laquelle nul n’échappe, mais aussi celle de la déprise de soi, de la liberté par rapport à tous les asservissements de la vie. Avec Jésus, nous savons où nous mettons les pieds.